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Paroles de musulmans, parlons de musulmans

This post was originally written for the Lausanne Bondy Blog in 2009. I am reproducing it here for safekeeping as an author under the Berne Convention
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Il est souvent dit que les musulmans ne s’expriment pas assez sur des sujets les concernant. Depuis les votations, Nicole s’interroge sur ce que elle, et les musulmans de Suisse, auraient pu faire de plus pour “participer” et rendre leurs paroles plus visibles que les voiles et les minarets.

Les musulmans et les minarets ont été tellement commentés ces derniers mois dans les médias, que la majorité des auditeurs, lecteurs ou téléspectateurs, se sont lassés (à vrai dire moi aussi j’en ai un peu marre). Cependant, j’ai été un peu étonnée de lire un article dans les colonnes du Temps le 7 décembre dernier, intitulé “Les musulmans doivent s’exprimer davantage dans le débat public.” Sans remettre en cause le bien-fondé du discours l’auteur de cet article, ni son habilité à parler de ce sujet, j’ai quand même bloqué sur ce titre car il reprend un discours déjà bien rodé aux Etats-Unis. En effet, à chaque fois qu’un incident est commis par les “musulmans”, on nous accuse d’être trop discrets, de ne pas avoir pris de position claire, de ne pas “protester” assez fort, que ce soit en ce qui concerne le terrorisme ou la violence faite aux femmes. Et voilà que ce même discours est repris en Suisse par un expert. Décryptage.

Souvent, les gens pensent que la communauté musulmane est homogène dans sa façln de penser. Dès lors, ils pensent que l’absence d’une remarque signifie une acceptation tacite. Pourtant, le “musulman de base” peut très bien avoir l’avis de Monsieur ou Madame Tout-le-Monde, un avis contraire à celui de son voisin musulman, ou tout simplement pas d’avis du tout. Car les musulmans de Suisse ne représentent pas une communauté homogène. Il est possible qu’ils n’aient pas eu et n’aient toujours pas d’avis particulier sur les minarets. Et peut-être qu’il s’agirait là d’un début d’explication sur l’échec de la votation du mois dernier. Mais est-ce vrai, comme le dit notre expert du Temps, que les individus musulmans ne s’expriment pas par peur d’être mal compris? Dois-je en vouloir aux associations musulmanes qui ne parlent pas forcément pour moi? D’ailleurs, qui parle pour les musulmans? A quels musulmans est donnée la parole? Est-ce Hani Ramadan qui parle pour moi? Non. Amina Wadud (une américaine, la première femme à diriger une prière mixte en assemblée)? Encore moins. Peut-être que les musulmans aussi sont tombés dans la piège de l’homogénéité, quelque part nous n’osons pas afficher nos divergences du moment, ou alors notre avis moins sexy ou provoc’, plus traditionnel que ce qui est normalement accepté par nos communautés.

En réalité, je pense qu’une partie du problème réside dans le fait qu’il y a beaucoup de musulmans en Suisse, faute de nationalité, qui n’ont pas pu voter. Ceci pourrait d’ailleurs être un des enjeux du projet du Vaud concernant le droit de vote des étrangers. Mais est-ce vrai que nous, les musulmans, n’avons pas assez “parlé” avant la votation? Que nous n’avons pas fait un travail de “terrain” assez profond? Je n’en suis pas sûre. Le sujet a été repris, presque trop de fois, dans les médias. Et si ce n’était pas aux “leaders” de la communauté – les imams, les penseurs – c’était au “musulman moyen” que l’on donnait la parole. Ceci à plusieurs reprises, dans la presse suisse et mondiale. Alors peut-on vraiment dire que les musulmans de Suisse n’ont pas assez parlé, qu’on ne leur a pas donné la parole? Ou est-ce plutot que nous n’avions pas dit ce que les gens voulaient entendre?

Lorsqu’elles ne sont pas contestées, les perceptions ont une tendance à devenir plus vraies que la réalité. Il est dommage qu’on percoive les musulmans de Suisse comme étant “trop discrets” alors qu’une blitzkrieg médiatique qui vient de s’achever dit clairement le contraire.


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L’intégration des musulmans passe-t-elle par les minarets?

This post was originally written for the Lausanne Bondy Blog in 2009. I am reproducing it here for safekeeping as an author under the Berne Convention
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Drôle d’idée de se prononcer sur les minarets. Les musulmans n’en ont jamais demandé.

Interdire les minarets, est-ce vraiment la solution à “l’intégration” des musulmans de Suisse ? Un pas vers l’égalité homme-femme? L’UDC aurait-elle raison? Le discours autour de l’initiative fédérale reprend un schéma classique couramment utilisé par une partie de la droite conservatrice : une incitation à la haine raciale visant à l’exclusion. À l’approche du 29 novembre, aux musulmans d’en faire les frais. C’est un fait, mais dans un contexte où l’islamophobie est généralisée, le tableau n’est cependant pas si noir ; nous sommes loin de fermer le chapitre de l’Islam en Suisse. Voyez plutôt.

En France, pays où j’ai vecu, un débat semblable a eu lieu dans les années 90, non pas sur les minarets mais sur la construction des mosquées. A la suite des attentats de St-Michel en 1995, les élus ont compris l’avantage de construire des mosquées pour permettre de faire sortir l’islam des salles de prières aménagées dans les caves. Ce qui a pignon sur rue est plus facile à contrôler tout en permettant de montrer un autre visage d’un islam local, qui a sa place dans les institutions. L’étape suivante de ce processus de reconnaissance a été de donner une vitrine officielle avec la création du Conseil Francais du Culte Musulman.

Tous des barbus
Bien que l’Hexagone n’ait de loin pas réglé tous ses problèmes vis-à-vis de sa population musulmane, il a, à tort ou à raison – et j’ai mes propres hésitations sur le CFCM – permis l’émergence d’un “Islam de France”. Voter sur la construction des minarets démontre au moins que les choses bougent, sans vraiment susciter une réelle réflexion sur l’intégration des musulmans. Lesquels ? Les Laïc(que)s ? Les converti(e)s ? Les pratiquant(e)s ? Ceux du Maghreb ? D’Asie du sud-est ou des Balkans ? Eux tous ! Oui, tous ces musulmans au mode de vie incompatible avec la société occidentale. D’ailleurs, rien qu’à voir les affiches, on comprendra que l’on ne parle pas de minarets ou de la société civile, mais des femmes en burqa mal-intégrées, piétinant le sacré drapeau suisse percé de minarets guerriers. Et on ose ensuite crier à la censure.

Tout est question d’intégration
Mais l’intégration, ça veut dire quoi, au juste? J’ai ma propre vision de l’intégration. Dès mon arrivée à Zurich en 2004, j’ai tenu fermement à travailler. Je reste convaincue que le travail est un moteur d’intégration. Les langues et le savoir aussi – je perfectionne mon français, j’apprends l’allemand, je prends des cours du soir – tout pour aller de l’avant et montrer que je mérite ma place ici. Je rencontre et fréquente des Suisses, je ne reste pas “avec les américains” (très courant chez mes compatriotes) ou “avec les musulmans.” J’essaie de comprendre ce pays et ses coutumes et m’y adapter. Que reste-t-il à faire? La société civile ne permet-elle pas un espace de vie où la religion a toute sa place? Ne puis-je pas être musulmane et intégrée? L’UDC me dit que non, je suis trop musulmane.

Et dans ce contexte, comment vivre sa foi ? Une simple croyante n’a pourtant pas besoin de grand-chose pour y parvenir. Le plus important étant de vivre avec pragmatisme et sans chercher la confrontation. Le voile est mal vu au travail? Et bien pour prouver que je ne suis pas en Suisse pour “prendre les allocs”, je travaille sans. C’est l’heure de la prière alors que je suis en train de faire l’apéro avec les amis? Je me cache dans un coin discrètement pour la minute et demi qu’il me faut pour l’accomplir. Le plus important c’est que comme pour toute religion, le désir de chacun et chacune c’est de la vivre sans prise de tête, en accord avec ses principes mêmes non religieux mais aussi en accord avec les règles de la société.

Qu’on soit clair sur les minarets, cela n’est qu’une partie de la tradition architecturale musulmane, la valeur d’une mosquée ne se mesure pas à la taille d’un minaret. D’ailleurs, la plupart des mosquées dans les pays occidentaux sont situées dans des bâtiments reconvertis, alors que la plupart des minarets se trouvent sur les mosquées construites et conçues en tant que telles. Je tiens ici à rappeler que souvent en Occident, ces mosquées conçues spécialement pour être des mosquées sont financées par des gouvernements étrangers (mosquée du Petit-Saconnex par exemple). Encore une fois, peut-être les Français n’ont pas eu tort d’avoir voulu créer un “Islam de France.”

Et la Suisse? Un minaret ou pas à Lausanne, ville où je réside depuis bientôt cinq ans, ne changera pas ma façon de pratiquer ma foi. Mais cela génère un climat malsain encourageant les amalgames, où le minaret, et par conséquent l’Islam, est vu comme une ostentation péjorative et nuisible à la tranquillité suisse. Dans l’émission Forum de la RSR et dans les colonnes du Temps, le Vaudois Jacques-André Haury a pris la parole pour dire que les musulmans devraient se contenter d’être une “religion cadette.” Je ne savais pas que les musulmans de Suisse revendiquaient l’emprise totale du pays. Je ne demande qu’à redevenir adepte d’une “religion cadette”, que l’Islam sorte de ce bocal médiatique. L’initiative ne vise pas les minarets, elle vise plutot “le péril vert”. Donc moi. De prendre les minarets comme message haineux montre bien l’ignorance et le dedain que l’UDC révèle dans ses attitudes provocatrices.

Pour terminer, petite réflexion d’un lecteur américain de Swissinfo : “où est le mal dans les minarets? Si vous avez confiance en votre culture, votre tradition et votre religion, vous ne serez pas menacés par un groupe d’individus qui tente d’introduire sa propre version des choses. Peut-être que ce debat en dit plus sur le déclin annoncé de la culture suisse que sur la montée de la culture musulmane Suisse.”

À moins que ce ne soit le déclin de l’UDC.

(Citation d’origine: “What’s the problem with minarets?” asked one reader in the US. “If you have confidence in your culture, tradition and religion, you’re not threatened by another group trying to bring in its own version. Perhaps this debate says more about the decline of Swiss culture than the rise of Muslim culture in Switzerland…” )


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Polygamy in Switzerland : Just say NO!

This is part of my installment of old posts from 2008 and early 2009 which I have chosen to republish. Some links may be dead and I will try to fix them as I go. Unlike the other posts, the comments were not added here because the old post was on its’ own page. I wrote this roughly a year ago and the advice does not change, and the case law happens at the same frequency.

I read case law when I am bored. Weird like that. Whatevs. Anyway, I read a series of interesting appeals to Swiss cantonal and federal courts recently about polygamy. I must preface this by saying that I am not a lawyer and this is not legal advice. However, I want to share my understanding of the current legal situation in Switzerland. As this is a hot topic in the Muslim community, I would like to make the following post as a public service to all those Pious Brothers just dying to fulfill the sunnah. Never mind the whole praying, eating halal, fasting Ramadan stuff (you know, that fard stuff), brothers who love this part of the sunnah and are considering polygamy in Switzerland, this is for you:

DON’T DO IT, YOU WILL GET CAUGHT, AND IT WILL BE NASTY. Even if you are one big happy p family.

While I am not debating the permissibility of polygamy in Islam (which someone accused me of the last time I brought this up) I will give a little food for thought about reigning jurisprudence in Switzerland to my readers. And speaking of just dying to fulfill the sunnah I do believe in following the sunnah of following the laws of the land in which you live. Anyway:

Under Swiss law, polygamy is bigamy. If you are a born Swiss citizen there is not much that happens to you should you partake in this sunnah other than eventual welfare or tax fraud charges…oh and losing custody of your children. However, if you are a foreign brother, even if you don’t care about the laws of the koofaar, the following might give you an opportunity to twist your beard a bit:
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Muslims acting crazy again

This is part of my installment of old posts from 2008 and early 2009 which I have chosen to republish. Some links may be dead and I will try to fix them as I go.

I am so tired of having to break it down for people, I swear (cue the auntie chorus saying “It’s not good to swear in Islam”). You know what I will never understand? People who engage in the haram and then go stand before God and pray and bug out because they missed asr. Um you missed asr because you were at the casino. Bygones.

1. As a muslim, you should try to protect your own Islam. That’s number one. You protect your own Islam by trying the best you can to follow the tenets of the religion and striving to be a better Muslim. That doesn’t mean Insta Holy Pious. It means TRYING. It means worrying about saving yourself from hellfire before trying to give fake ass nasihah to someone who might just need it less than you.
2. Once you have worried about yourself, then you worry about your Muslim brothers and sisters. But you don’t “worry about their Islam” by acting superior, doing fake “enjoining the good” and telling them to pray all their prayers when you darn well saw them do all the fard prayers so stop with the superiority already. You worry about them by treating them like your brothers and sisters in Islam. You worry about them by following the example of the Prophet salli alahou alayhi wa salam and being a good spouse, parent, friend, whatever. Not by acting like you are the Queen of the Holy Pious and then having the nerve to call it nasihah.
3. Once you have numbers 1 and 2 down, you should also concern yourself with making non-Muslims want to be Muslim. You do this by making Islam attractive to people. By following number 1, you ensure that you won’t act the damn fool and make the non-Muslims skeered. By following number 2, you make non Muslims say, “gee these Muslims are totally awesome with each other.” You CANNOT draw people to Islam, do number 3, without worrying about your own Islam first and treating other Muslims in a manner in which they deserve to be treated.

I also have beef with people who think it is ok to treat lapsed Muslims or non-practicing Muslims worse than the so called “practicing” Muslims. One of my friend’s shaykhs said (and I don’t know if this was just him or a hadith or what) that you don’t know who the walis are among us, that the ones who God loves the most aren’t necessarily the ones with the longest beards or the blackest niqab. The person who has Islam figured out could be your hippie friend or the quiet dude you see praying at the masjid but no one really knows what his deal is. For me, the people that make me want to be Muslim and happy to be Muslim aren’t the usual suspects. I try to put that into practice, and when I see a lapsed Muslim, I try to give that person the very best so that he or she doesn’t feel judged. It doesn’t mean excusing someone who is chillaxin with a forty and a ham sandwich, but it means making that person feel like if s/he wanted to come back into the fold, at least one person would be there and happy to be there. I had a Muslim tell me the other day that she had never done Ramadan. Bad experience when she was little and ever since she was traumatized, but no obvious health problems. Just never had anyone talk honestly without judgement about it. Any other person would have been like “astarghfirullah” and I’m like, “yo, just do one day. Give one day a shot. Make it a Sunday. Try it here in a few weeks instead of waiting until Ramadan.” Ditto for praying. If there is one group of Muslims I cannot stand, it is the prayer police. Astarghfirullah. For realz, y’all. If someone doesn’t pray, that’s on them (and PLEASE IF SOMEONE DOES PRAY DON’T GO AROUND TELLING PEOPLE THEY DON’T k thx bai), same tactic- dude, just try one. Don’t act like an asshole when this person walks into the masjid and be like, “astarghfirullah brother you have to do two sunnah rakats, didn’t someone ever teach you anything?” I agree, you can’t make excuses for people, and you have to enjoin the good, but you’re dealing with people who need not to be judged. Becuase if you sit there and judge them, they are going to be like “screw these judgemental Muslims, I haven’t prayed or fasted for thirty years and I’m not dead yet.”

Now if you excuse me, I am not going to sit around and judge people, I am going to go off and protect my Islam. Or as I like to call it, “Check my Intention.”