nicolecunningham.ch

This Week on teh Interwebs


3 Comments

Everyday Islamophobia

Some people buried a dead pig and some pig heads on the land of a mosque being built in Solothurn. Oh, and I forgot the 120 liters pig blood they poured on it for good measure. They justified their actions saying they were worried about the “rampant Islamization” of Switzerland.

For a short English article from Swissinfo on the topic, click here.

It’s a slippery slope from every day Islamophobia like “Well *we* can’t have churches in Saudi Arabia” and “Minarets are against the Swiss way of life” to burying dead pigs on mosque grounds. I’m just saying.

I get so tired of the lame ass Swiss excuses like “well ‘these people’ need to integrate and learn the language and understand how ‘the West’ is.” Stupid Oskar Freysinger made money off Muslims then dared hold his post-minaret vote press conference in the Lausanne mosque. And that’s supposed to be ok even when it is blatant media manipulation. No one asks for minarets and supposedly *we* are the ones Islam-izing Switzerland? What, was this mosque in Solothurn a Mecca Mega Mall mosque? Did we start a popular initiative for all women to wear headscarves? What is this “Islamization?” Come on people.

And maybe people wouldn’t put all Islamophobes in the SVP basket if all Muslims weren’t in the Terrorists on Welfare basket. I feel like I have to justify my existence every day when frankly all I have done in this country is pay my taxes and keep my head down.

The worst part is that I am a convert and what I go through can’t compare to the hell someone with a “Yugo” or an “Arab” name who may identify as Muslim goes through just by virtue of being “ethnic.” So it is all fine and good that people are quick to condemn the pig attacks as an isolated incident, but remember that next time you “tut tut” at a chick walking down the street in a headscarf. Slippery slope indeed.

I’m working very hard on a project this weekend but had to blog on this. It makes me angry.


Leave a comment

Paroles de musulmans, parlons de musulmans

This post was originally written for the Lausanne Bondy Blog in 2009. I am reproducing it here for safekeeping as an author under the Berne Convention
for the Protection of Literary and Artistic Works
. For reposts, you are kindly asked to also seek the permission of the LBB editorial team and credit that site accordingly. For trackbacks and links for citation, always use this link at the LBB.

Il est souvent dit que les musulmans ne s’expriment pas assez sur des sujets les concernant. Depuis les votations, Nicole s’interroge sur ce que elle, et les musulmans de Suisse, auraient pu faire de plus pour “participer” et rendre leurs paroles plus visibles que les voiles et les minarets.

Les musulmans et les minarets ont été tellement commentés ces derniers mois dans les médias, que la majorité des auditeurs, lecteurs ou téléspectateurs, se sont lassés (à vrai dire moi aussi j’en ai un peu marre). Cependant, j’ai été un peu étonnée de lire un article dans les colonnes du Temps le 7 décembre dernier, intitulé “Les musulmans doivent s’exprimer davantage dans le débat public.” Sans remettre en cause le bien-fondé du discours l’auteur de cet article, ni son habilité à parler de ce sujet, j’ai quand même bloqué sur ce titre car il reprend un discours déjà bien rodé aux Etats-Unis. En effet, à chaque fois qu’un incident est commis par les “musulmans”, on nous accuse d’être trop discrets, de ne pas avoir pris de position claire, de ne pas “protester” assez fort, que ce soit en ce qui concerne le terrorisme ou la violence faite aux femmes. Et voilà que ce même discours est repris en Suisse par un expert. Décryptage.

Souvent, les gens pensent que la communauté musulmane est homogène dans sa façln de penser. Dès lors, ils pensent que l’absence d’une remarque signifie une acceptation tacite. Pourtant, le “musulman de base” peut très bien avoir l’avis de Monsieur ou Madame Tout-le-Monde, un avis contraire à celui de son voisin musulman, ou tout simplement pas d’avis du tout. Car les musulmans de Suisse ne représentent pas une communauté homogène. Il est possible qu’ils n’aient pas eu et n’aient toujours pas d’avis particulier sur les minarets. Et peut-être qu’il s’agirait là d’un début d’explication sur l’échec de la votation du mois dernier. Mais est-ce vrai, comme le dit notre expert du Temps, que les individus musulmans ne s’expriment pas par peur d’être mal compris? Dois-je en vouloir aux associations musulmanes qui ne parlent pas forcément pour moi? D’ailleurs, qui parle pour les musulmans? A quels musulmans est donnée la parole? Est-ce Hani Ramadan qui parle pour moi? Non. Amina Wadud (une américaine, la première femme à diriger une prière mixte en assemblée)? Encore moins. Peut-être que les musulmans aussi sont tombés dans la piège de l’homogénéité, quelque part nous n’osons pas afficher nos divergences du moment, ou alors notre avis moins sexy ou provoc’, plus traditionnel que ce qui est normalement accepté par nos communautés.

En réalité, je pense qu’une partie du problème réside dans le fait qu’il y a beaucoup de musulmans en Suisse, faute de nationalité, qui n’ont pas pu voter. Ceci pourrait d’ailleurs être un des enjeux du projet du Vaud concernant le droit de vote des étrangers. Mais est-ce vrai que nous, les musulmans, n’avons pas assez “parlé” avant la votation? Que nous n’avons pas fait un travail de “terrain” assez profond? Je n’en suis pas sûre. Le sujet a été repris, presque trop de fois, dans les médias. Et si ce n’était pas aux “leaders” de la communauté – les imams, les penseurs – c’était au “musulman moyen” que l’on donnait la parole. Ceci à plusieurs reprises, dans la presse suisse et mondiale. Alors peut-on vraiment dire que les musulmans de Suisse n’ont pas assez parlé, qu’on ne leur a pas donné la parole? Ou est-ce plutot que nous n’avions pas dit ce que les gens voulaient entendre?

Lorsqu’elles ne sont pas contestées, les perceptions ont une tendance à devenir plus vraies que la réalité. Il est dommage qu’on percoive les musulmans de Suisse comme étant “trop discrets” alors qu’une blitzkrieg médiatique qui vient de s’achever dit clairement le contraire.


Leave a comment

L’intégration des musulmans passe-t-elle par les minarets?

This post was originally written for the Lausanne Bondy Blog in 2009. I am reproducing it here for safekeeping as an author under the Berne Convention
for the Protection of Literary and Artistic Works
. For reposts, you are kindly asked to also seek the permission of the LBB editorial team and credit that site accordingly. For trackbacks and links for citation, always use this link at the LBB.

Drôle d’idée de se prononcer sur les minarets. Les musulmans n’en ont jamais demandé.

Interdire les minarets, est-ce vraiment la solution à “l’intégration” des musulmans de Suisse ? Un pas vers l’égalité homme-femme? L’UDC aurait-elle raison? Le discours autour de l’initiative fédérale reprend un schéma classique couramment utilisé par une partie de la droite conservatrice : une incitation à la haine raciale visant à l’exclusion. À l’approche du 29 novembre, aux musulmans d’en faire les frais. C’est un fait, mais dans un contexte où l’islamophobie est généralisée, le tableau n’est cependant pas si noir ; nous sommes loin de fermer le chapitre de l’Islam en Suisse. Voyez plutôt.

En France, pays où j’ai vecu, un débat semblable a eu lieu dans les années 90, non pas sur les minarets mais sur la construction des mosquées. A la suite des attentats de St-Michel en 1995, les élus ont compris l’avantage de construire des mosquées pour permettre de faire sortir l’islam des salles de prières aménagées dans les caves. Ce qui a pignon sur rue est plus facile à contrôler tout en permettant de montrer un autre visage d’un islam local, qui a sa place dans les institutions. L’étape suivante de ce processus de reconnaissance a été de donner une vitrine officielle avec la création du Conseil Francais du Culte Musulman.

Tous des barbus
Bien que l’Hexagone n’ait de loin pas réglé tous ses problèmes vis-à-vis de sa population musulmane, il a, à tort ou à raison – et j’ai mes propres hésitations sur le CFCM – permis l’émergence d’un “Islam de France”. Voter sur la construction des minarets démontre au moins que les choses bougent, sans vraiment susciter une réelle réflexion sur l’intégration des musulmans. Lesquels ? Les Laïc(que)s ? Les converti(e)s ? Les pratiquant(e)s ? Ceux du Maghreb ? D’Asie du sud-est ou des Balkans ? Eux tous ! Oui, tous ces musulmans au mode de vie incompatible avec la société occidentale. D’ailleurs, rien qu’à voir les affiches, on comprendra que l’on ne parle pas de minarets ou de la société civile, mais des femmes en burqa mal-intégrées, piétinant le sacré drapeau suisse percé de minarets guerriers. Et on ose ensuite crier à la censure.

Tout est question d’intégration
Mais l’intégration, ça veut dire quoi, au juste? J’ai ma propre vision de l’intégration. Dès mon arrivée à Zurich en 2004, j’ai tenu fermement à travailler. Je reste convaincue que le travail est un moteur d’intégration. Les langues et le savoir aussi – je perfectionne mon français, j’apprends l’allemand, je prends des cours du soir – tout pour aller de l’avant et montrer que je mérite ma place ici. Je rencontre et fréquente des Suisses, je ne reste pas “avec les américains” (très courant chez mes compatriotes) ou “avec les musulmans.” J’essaie de comprendre ce pays et ses coutumes et m’y adapter. Que reste-t-il à faire? La société civile ne permet-elle pas un espace de vie où la religion a toute sa place? Ne puis-je pas être musulmane et intégrée? L’UDC me dit que non, je suis trop musulmane.

Et dans ce contexte, comment vivre sa foi ? Une simple croyante n’a pourtant pas besoin de grand-chose pour y parvenir. Le plus important étant de vivre avec pragmatisme et sans chercher la confrontation. Le voile est mal vu au travail? Et bien pour prouver que je ne suis pas en Suisse pour “prendre les allocs”, je travaille sans. C’est l’heure de la prière alors que je suis en train de faire l’apéro avec les amis? Je me cache dans un coin discrètement pour la minute et demi qu’il me faut pour l’accomplir. Le plus important c’est que comme pour toute religion, le désir de chacun et chacune c’est de la vivre sans prise de tête, en accord avec ses principes mêmes non religieux mais aussi en accord avec les règles de la société.

Qu’on soit clair sur les minarets, cela n’est qu’une partie de la tradition architecturale musulmane, la valeur d’une mosquée ne se mesure pas à la taille d’un minaret. D’ailleurs, la plupart des mosquées dans les pays occidentaux sont situées dans des bâtiments reconvertis, alors que la plupart des minarets se trouvent sur les mosquées construites et conçues en tant que telles. Je tiens ici à rappeler que souvent en Occident, ces mosquées conçues spécialement pour être des mosquées sont financées par des gouvernements étrangers (mosquée du Petit-Saconnex par exemple). Encore une fois, peut-être les Français n’ont pas eu tort d’avoir voulu créer un “Islam de France.”

Et la Suisse? Un minaret ou pas à Lausanne, ville où je réside depuis bientôt cinq ans, ne changera pas ma façon de pratiquer ma foi. Mais cela génère un climat malsain encourageant les amalgames, où le minaret, et par conséquent l’Islam, est vu comme une ostentation péjorative et nuisible à la tranquillité suisse. Dans l’émission Forum de la RSR et dans les colonnes du Temps, le Vaudois Jacques-André Haury a pris la parole pour dire que les musulmans devraient se contenter d’être une “religion cadette.” Je ne savais pas que les musulmans de Suisse revendiquaient l’emprise totale du pays. Je ne demande qu’à redevenir adepte d’une “religion cadette”, que l’Islam sorte de ce bocal médiatique. L’initiative ne vise pas les minarets, elle vise plutot “le péril vert”. Donc moi. De prendre les minarets comme message haineux montre bien l’ignorance et le dedain que l’UDC révèle dans ses attitudes provocatrices.

Pour terminer, petite réflexion d’un lecteur américain de Swissinfo : “où est le mal dans les minarets? Si vous avez confiance en votre culture, votre tradition et votre religion, vous ne serez pas menacés par un groupe d’individus qui tente d’introduire sa propre version des choses. Peut-être que ce debat en dit plus sur le déclin annoncé de la culture suisse que sur la montée de la culture musulmane Suisse.”

À moins que ce ne soit le déclin de l’UDC.

(Citation d’origine: “What’s the problem with minarets?” asked one reader in the US. “If you have confidence in your culture, tradition and religion, you’re not threatened by another group trying to bring in its own version. Perhaps this debate says more about the decline of Swiss culture than the rise of Muslim culture in Switzerland…” )